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 Archives correspondances Malone

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Malone
Admin
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Messages : 357
Date d'inscription : 04/12/2008

MessageSujet: Re: Archives correspondances Malone   Dim 18 Déc - 1:16

Citation :
Mercredi - treize heures.

Je rentre. Je vous écris dame Violette, une lettre. Cette douce lettre porteur de mon message. Je suis aigri, car je suis à la recherche d'une dame qui saurait voir en moi, l'homme parfait. Qu'elle soit imposante et belle, qu'elle ressemble à un ange sous ce ciel du printemps, sous les arbres verts, avec des lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semble faire naître chez moi, l'aspiration de croire en tout et aussi que ma lettre aura une reponse voulue. Voyez-vous, les anges, les arbres et les fleurs reconnaitront cette dame à première vue. elle sera reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s'épanouissent comme elle sera reine dans mon coeur.

Oui, je vous ecris avec des larmes dans les yeux dame Violette, en esperant qu'une charmante dame lise cette lettre exquise, délicate et tendre que j'ecris cette journée avec tant de bonheur, ce que j'aimerais voir la couleur de votre encre. Un vieux souvenir me dit de continuer à ecrire...mais...

Voici une fleur que j'ai cueilli pour la dame qui m'écrira. Elle l'arrivera fanée, mais parfumée encore ; doux emblème de l'amour dans la vieillesse. Je la garde; Et la montrerai au moment venu.

J'aimerais que dans trente ans, elle soit belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimerons, n'est-ce pas là un amour infaillible?

Je vais attendre aujourd'hui et pour toujours, esperant trouver ce que je cherche, en cas d'insatisfaction, je continuerais ma recherche.

A bientot !
Alfred Casaviecchi de Liestz Von Kieser

Citation :
Messire,

De passage, sans grand espoir mais pour l'acquis de conscience, chez Madame Violette, j'ai pu remarqué le pli que vous y avez fait parvenir. Votre prose pleine de poésie a fait écho en moi en ce que vous avouez vous sentir parfois aigri à force de tant chercher celle qui hante vos songes. Je ne sais si je serai celle-là, ni si vous serez celui qui si souvent hante mes nuits. Parfois, à tant chercher, je finis par douter de son existence. Et pourtant, vos mots m'ont touchée.

Je ne sais si j'ai si souvent des arbres au-dessus de la tête, ni des lilas, quand je ne suis pas en forêt, ni si mes mots raviveront en vous souvenirs.

Ce que je sais, c'est qui si votre pli parle de celle que vous recherchez, il parle très peu de vous, de l'homme que vous êtes. Doux à n'en point douter, mais fort peut être dans le même temps ? A la signature, je vous devine de noble naissance, vous aurez donc probablement appris comme moi l'attachement de votre sang à une terre. En cela, peut être comprendrez-vous que j'aimerais avant de laisser mes souhaits aller plus avant, savoir où vous résidez ? Je réside moi-même en Poitou, ou l'on m'a dotée d'une terre. Non pas qu'un hypothétique départ de chez moi soit parfaitement impossible, mais il ne sera pas aisé. Etes-vous fort impliqué dans la vie de chez vous ?

Je reviens à ce pli que vous avez envoyé, votre vision de l'amour dans l'âge, pareil à cette fleur en votre possession, est magnifique. Et vous parlez là du principal défi que nous lancent le mariage et la vie : s'aimer malgré les affronts du temps.

Espérant, si je n'ai pas retenu votre attention, avoir au moins diverti votre attente, je vous souhaite beaucoup de chance dans cette longue, mais superbe quête qui est la nôtre.

Malone Fortunat de Montbazon-Navailles

Citation :
Dame,

C'est un plaisir que de recevoir une lettre anonyme et par là, avoir tant de reconnaissance pour une simple plume, mais avant tout je tiens à signaler que s'il s'agit d'amour, l'instant requière toute mon attention, c'est aussi un plaisir que cette lettre ait pu invoquer en vous un aspect de l'amour "vrai".

Je suis un homme qui se cache constamment, peut etre pour de nombreuses choses que je souhaite accomplir au plus haut niveau, je vais vous dire que j'aime les suprises et vous venez de m'en faire une. La réalité est bien loin d'une lettre flatteuse, je garde souvent des souvenirs des lettres qui m'ont marqué bien plus que la réalité et votre lettre est parmi celle-là qui me donne une profonde douleur au coeur.

Mon implication est au niveau de mon royaume ou j'exerce la fonction de Procureur Heraldique, cependant je cherche une terre accueillante qui ferait de moi un noble digne de ce nom, pour le moment je suis en voie de créer un parti et j'y tiens mordicus la poigne afin que cette entreprise arrive à terme.

Il est vrai que l'amour et le temps ne font qu'un et parvenir à le comprendre admet que votre education est assez soumise à la rigueur, ou avez vous passez votre apprentissage? Et d'ailleurs vous n'avez pas seulement retenu mon attention, mais egalement mon temps et mon implication à vous écrire une lettre.

Je m'attends à une dame téméraire, sage, qui aime la froideur du temps et qui ne se fie pas à la morale des hommes, mais à celle que nous à leguer notre bon Dieu; j'espère avoir assez toucher votre estime pour ainsi créer une étincelle porteur d'un amour à deux pour toujours.

Alfred Casaviecchi de Liestz Von Humboldt
Futur Empereur

Citation :
Messire,

Votre pli me fait douter, j'avais pourtant l'impression d'avoir signé ma missive ... Qu'importe, je veillerai à signer celle-ci.

Si votre pli m'a fait évoquer l'amour, c'est tout simplement qu'il rencontrait en cet instant exactement mes sentiments, et je pense que l'amour vient en partie de cela, un sentiment éprouvé à l'identique entre deux êtres. Pas uniquement l'un envers l'autre, mais envers les choses de leurs vies. Bien sûr, il est impossible que deux personnes distinctes partagent les mêmes idées et sentiment en tous points, à moins que d'être nés jumeaux, mais une certaine concordance entre époux me semble primordiale. Bien que j'exprime ici une opinion sur une chose dont je n'ai point connaissance : si j'ai eu l'occasion de voir des couples unis, voir même en quelques occasions de fréquenter moi même quelqu'un, le mariage est une chose que je n'ai jamais connue. Et à mon âge, cela finit quelque peu par m'inquiéter : j'atteins les vingt ans en janvier.

Aux mots que vous utilisez, votre charge notamment, je devine que vous vivez en Empire. C'est là un lieu bien éloigné de mon Poitou natal, et que je ne connais aucunement. J'ai eu l'occasion de voyager en France, par les voyages de mon parrain et protecteur qui était un temps diplomate, ou pour d'autres missions, mais ces voyages m'ont menée au plus loin en Champagne, et c'était il y a déjà quelques années. Me parleriez-vous de ce Royaume, pour me le faire connaître tel que vous le voyez chaque jour ? Ce serait là un premier moyen de savoir comment vos yeux voient, tout en connaissant mieux les lieux qui vous voient vivre chaque jour.

Vous me demandiez où j'ai fait mon apprentissage. Je l'ai fait en Poitou, auprès de ma mère Elliandra Fortunat de Montbazon-Navailles tout d'abord, qui fut membre d'un Ordre Royal féminin de chevalerie : les Dames Blanches à l'Ecu Vert, Héraut d'Armes et quelques autres charges. Depuis le décès de feue ma mère, je vis chez mon parrain, Jehan de Proisy-Fortunat. C'est auprès de lui et de son épouse, ainsi qu'auprès de ma marraine que j'ai appris tout le reste de ce que je sais, de la politique et la diplomatie à la justice, en passant par les moyens et façons de pourvoir à l'éducation de ma cadette ou les règles de base de la chevalerie. Ma petite Meileen étant désormais grande, je puis depuis quelques années m'occuper de moi-même sans avoir à craindre pour elle.

Mais et vous même ? Avez-vous exercé d'autres charges, avant que d'être Procureur Heraldique ? Je lis que vous créez actuellement un parti politique. Je ne sais comment se passent les choses en Empire. Il se trouve que chez nous en France, on attend qu'un parti soit attaché à une province. Est-ce le cas du vôtre ?

Vous me parlez des règles de morale et d'amour que nous a laissées le Très Haut, et auxquelles je souscris effectivement. Mais les suivez-vous également ?

Je laisse ce pigeon partir, chargé d'un pli, et d'espoirs, espérant le voir revenir prochainement.

Malone Fortunat de Montbazon-Navailles
Dame de l'Isle d'Olonne
Et qui cette fois est certaine d'avoir signé.

Citation :
Dame,

Il serait temps de vous rencontrer, car votre plume ne fait aucun doute sur la beauté de votre amour, elle révèle la splendeur...

Je suis bien serein quant à votre vision de l'amour et j'adore votre norme sur les clameurs de votre coeur qui exprime vos ressentiments en matière de sentiments et d'affections.
A vous lire, je commence à croire à la perfection, aussi que deux personnes peuvent consentir des efforts à s'unir en toute chose et à vivre leur amour en parfaite harmonie avec leur temps.

Je suis de famille noble imperial et je vis en Savoie, une province francophone de l'Empire, bien evidement je suis très eloigné du Poitou, même si nous sommes à deux differents horizons, je garde mon espoir que l'on se verra un jour et que nous pourrions partager tout ce qui sera nécéssaire à un amour presque parfait.

Ma mère et ma soeur jumelle vivent en Berry, je suis né en Limousin, et je me suis installé en Savoie, j'ai donc une deuxième terre d'accueil à part la Savoie, voyager en Poitou ne me deplairais pas, j'estime que vous êtes attaché à votre terre, votre province, votre quartier ou votre appartement. A quelles conditions serez-vous prête à déménager?

J'aimerais bien vous presenter ma famille, en commençant par Neyco, chef des Mariemont, Titca, Elisabeth, pepin, Sorianne et ma soeur jumelle.

Avant d'etre procureur, jexerçais pleinement ma fonction de musicien et je plaisais beaucoup à ceux qui me contactaient pour les banquets, les mascarades et autres ceremonies. Qu'entendez-vous par un parti attaché à une province?
Depuis ma naissance, j'ai toujours respecter la morale, bien qu'il soit quelques fois en desaccord avec la religion et les moeurs, nous pouvons dire que j'essai de trouver le juste milieu et faire la part des choses.

J'espère cet amour grandissant venir au bout de notre desespoir, puisse Aristote concilier nos amours afin que nous trouvons le bonheur dû à notre foi.

Alfred Casaviecchi de Liestz
Von Humboldt
Futur Empereur du Saint Empire

Citation :
Messire,

Vos flatteries me touchent, et je me prends à espérer que vous les pensez réellement, mais je ne parviens pas à me persuader qu'il soit déjà temps de faire toute cette route pour vous rencontrer. Rappelons-nous qu'une visite chez vous me coûtera des mois d'absence de chez moi. Nous n'avons malheureusement pas la rapidité de voyage de nos pigeons, même si bien souvent je rêve d'avoir leur rapidité, et peut être un petit peu de la liberté qu'ils éprouvent lors de leurs voyages.

J'ai une filleule qui devrait un jour prochain se rendre en Savoie, elle en est actuellement plus proche que je ne le suis. Quand elle m'aura à son tour décrit votre région, je repenserai mon propre voyage. Comprenez que cela représente des mois loin de ma terre, alors que nous sommes actuellement en guerre, même si la trêve nous laisse un répit. Je ne veux pas risquer d'abandonner les miens dans une mauvaise passe pour un mirage, ou un rêve. Mais peut être, prochainement, m'aurez vous vous aussi décrit les lieux, afin que je sache mieux en quoi il serait bon de les rencontrer ?

A moins qu'un jour prochain, vous ne vous rapprochiez des lieux où je vis depuis toujours ? Il me plairait énormément de vous faire connaître mon comté, et ceux qui font ce qu'il est. Ni mon Comté ni ses habitants ne sont gens parfaits, j'en suis consciente soyez rassuré, mais dans leurs imperfections, ils comptent énormément pour moi.

Je connais un peu le Berry, qui n'est pas si loin de mon Poitou, et ai déjà eu l'occasion de faire la connaissance de Titca, lorsque j'ai séjourné quelques temps à Limoges. Une femme plaisante et au tempérament affirmé, comme doivent l'être toutes femmes ayant des responsabilités. Peut être ai-je au cours de mes voyages en France rencontré déjà sans le savoir votre jumelle ? Ou peut être même votre mère ? J'ai des cousins qui sont jumeaux, et voir l'un sans l'autre et sans raison impérieuse est rare, supportez-vous la séparation d'avec votre soeur ?
Mais dites-moi, si votre famille vit si près de la mienne, pourquoi tenez-vous de votre côté à vivre si loin ? Encore une fois, votre pays m'évoque bien des questions. On dit la Savoie terre du célèbre idiot des Alpes, et pourtant vous y semblez plutôt attaché ?

Pour vous répondre, je suis attachée à mes terres par mon sang : ma grand-mère fut comtesse poitevine, ma mère aurait été comtesse consort voire comtesse en nom si on ne nous l'avait pas arrachée trop tôt, mon parrain fut comte, ma marraine le sera peut être prochainement. J'ai à ce sujet promis à cette dernière d'être membre active de sa liste lors des élections, si elle se décide pour le prochain mandat. Je ne connais pas votre position à ce sujet, mais pour les miens comme pour moi, une promesse est une chose sacrée. Il y a également ces terres de marais salants, proches de l'océan, qui sont miennes puisque parrain a décidé d'en faire ma dot : mes gens extraient la fleur de sel de l'eau, et je suis garante de leur tranquillité. A force de me préoccuper d'eux, je m'y suis attachée, comme aux terres qu'ils exploitent et qui me font vivre.

Je repense à cette fleur, dont vous parliez dans votre premier pli, celui qui était adressé à dame Violette. Suis-je dans le juste, si j'envisage une branche de lilas ? Une fleur solide et robuste, par le nombre des petites fleurs qui la constituent comme par la force de l'arbuste qui en est la source, mais fragile et chétive lorsqu'isolée de ses semblables.

J'écris, mais déjà mes mots ont couvert le vélin, et je ne voudrais pas surcharger le pigeon qui vous portera la présente. Son épuisement serait une affliction, tant pour lui que pour nous, en ce qu'il casserait ce fragile pont de connaissance qui nous lie l'un à l'autre.
Plaise au Très Haut que mon courrier vous trouve l'âme heureuse et le corps entouré de cette verdure dont vous semblez aimer la présence.

Affectueusement,

Malone Fortunat de Montbazon-Navailles
Dame de l'Isle d'Olonne

Citation :
Dame,

Depuis mon existence, je ne me suis jamais pris au serieux comme je le fais en ce moment avec ma plume et je puis vous dire combien de fois j'aimerais voir votre visage et que nous soyons heureux à decouvrir toutes les endroits les plus beaux, je prends le risque ce jour de parcourir le Royaume de France à la decouverte du Poitou, je n'aurais aucun regret de tout abandonner...

Sachez aussi que ma vie est un rêve et que je réalise tout ce que j'entreprends, je n'aimerais nullement être la proie d'une lassitude, cela me tuerait, car quand j'apprecie, je suis prêt à tout...

Il est important de savoir que la perfection n'est pas de ce monde, tout ce qui nous emmène vers n'est qu'euphemisme de la vie courante et que nous tendons vers, j'espère que le Poitou me plaira au point d'y rester même si j'ai une rencontre avec l'Empereur du Saint Empire, je pourrais aussi me plaire en France quelque temps ou pour toujours...

C'est dure d'etre loin de ses proches et je puis vous dire combien de fois, il est difficile d'etre loin de ma soeur adorée et de ma mère. Il n'y a pas un idiot en Savoie qui soit des Alpes, je crois que vous parlez de la Provence.Mon oncle feu Nsaymar tenait beaucoup à cette terre qu'est la Savoie et j'aimerais comprendre pourquoi le Saint Empire l'interessait tant, peut etre pour le Pouvoir, je le saurais un jour, et j'ai la vie devant moi...

Un jour, peut etre que je verrais l'angleterre et d'autres territoires, car j'apprecie beaucoup la decouverte, c'est de ce fait que j'apprecie les voyages, j'espère aussi que vous aimeriez les voyages à ce temps, je parle d'un futur lointain dont je vous vois comme mon epouse légitime dans un prochain avenir, peut etre suis-je un peu trop pretentieux en affirmant cela.

Je ne puis qu'etre d'accord si vous êtes pretendante à obtenir une simple fleur, comme dirait un marchant de fleur qui ne s'y connait que peu, mais pour moi, si vous êtes d'une eternité sans égale si vous parvenez à devenir cette branche de Lilas.

C'est pour moi un plaisir que d'echanger avec vous ces plis de plein de richesse en amour, si seulement mes efforts peuvent se réaliser dans l'interêt de tous.

Avec les compliments de,

Alfred Casaviecchi de Liestz Von Humboldt

Citation :
Messire,

Je ne me permettrais pas de commenter vos décisions, cela ne m'appartient pas. Sachez simplement que vous rencontrer après tous ces échanges me sera un plaisir, et qu'il me tarde de savoir où je vous retrouverai. Pensez malgré tout à ne pas voyager trop chargé, et à vous renseigner avant de changer de province : la France est encore en guerre, même si nous profitons de la trêve, et de nombreux passages de frontières sont soumis à l'obtention d'un laisser-passer. Pour le Poitou, prévenez-moi quand vous serez à cinq jours de nos frontières, et j'appuierai votre demande auprès de la personne qui sera prévôt à ce moment. J'espère de tout coeur que mon Poitou vous plaira.

Pour ma part, je ne puis comparer ma vie à un rêve : j'ai connu des moments qui s'apparentaient bien plus au cauchemar, mais je préfère ne pas évoquer ici les blessures du passé : il sera toujours temps de vous les confier en face. Au vélin, je préfère confier mes plaisirs que mes douleurs, les mauvais moments perdent ainsi de leur réalité, et avec le temps de leur poids.

Peut-être agissez-vous de même au sujet de la séparation d'avec votre famille ? Si c'est le cas, pardonnez-moi d'avoir ainsi abordé un sujet difficile. J'en reviens donc à vos remarques sur le choix de la Savoie par votre oncle. Il a peut être trouvé là-bas autre chose que les Idiots des Alpes dont on entend parler, mais je ne pense pas que l'attrait du Pouvoir puisse faire déménager un homme : en tout lieu, on peut de nos jours atteindre les sommets du Pouvoir, il suffit de savoir s'en donner les moyens et la peine. C'est en tout cas ce que j'ai toujours appris, et j'en ai jusqu'à présent toujours trouvé confirmation.

Jusqu'à présent, je n'ai que très peu voyagé pour l'agrément ... voire jamais, je crois. J'ai voyagé avec maman au gré de sa charge de héraut, puis à sa mort pour aller chez une tante, avant de revenir chez mon parrain en Poitou, parrain m'a faite voyager lors de ses mobilisations. Une fois majeure, j'ai intégré l'ordre royal dont il faisait partie, et voyagé au gré des déstabilisations de l'ordre public, menaces et guerre pour défendre la paix partout où elle était menacée. J'ai vu plusieurs contrées, mais je crois que je les ai toujours vues quand elles allaient mal. Ah, et j'oubliais, ma cadette me fait parfois voyager lorsqu'elle se retrouve seule quelque part où elle est généralement arrivée accompagnée. Mais ce sont des voyages que je fais généralement avec en tête le plaisir de la retrouver. Le voyage d'agrément est sans doute bien plus agréable ? Pratiquez-vous cela régulièrement ?
Que savez-vous de cette Angleterre où vous souhaitez vous rendre ? N'avez-vous pas peur de devoir traverser la mer pour y aller ? Si j'aime parfois voyager, et ai su trouver le courage - ou peut-être plutôt la témérité ? - de monter aux remparts, voire d'aller au combat, je dois reconnaître que toutes ces représentations des monstres marins sur les cartes m'effraient. Mais si vous remettez ce voyage aux suites de justes noces, je ne puis qu'espérer que d'ici-là, je saurai vous suivre les yeux fermés, comme doivent le faire les époux.

Je tenterai ces jours prochains de me transformer en sage branche de lilas, mais ne promettrai pas de réussir en ce domaine : je crains d'être bien trop remuante pour cela.

Dans l'attente d'un nouveau pli venant de vous, soyez assuré que le plaisir est partagé.

Malone Fortunat de Montbazon-Navailles

Citation :
Chère dame,

Ma vision aurait tort d'une déraison et que mon coeur me conduise, je ne peux que l'approuver, car je regretterais toute ma vie, si je venais à manquer cet amour.Le voyage est en cours et je me réjouis de vous retrouver, car j'aimerais bien savoir si vous êtes bien la personne qui m’écrit, car vous êtes digne de mon amour et à mon arrivée, je pourrais vous appeler mon ange.

Vous êtes à présent ma raison, la suite de ma pensée ne se réjouit qu'au fil de vos lettres et moi, je me réjouis de me trouver si fort et embelli d'un amour incontestable et renouvelé. Ah que c'est bien de se sentir amoureux d'une inconnue, j'espère un amour réciproque, pour qu'il soit durable.

Je chanterais la taverne de vive voix, que l'on m'entende et que ma victoire soit la tienne et loin de la réalité de la guerre dont je respecte l'autorité et la présence.

Recevez chère dame, mon plus sincère amour...

Alfred de Liestz
Spoiler:
 
Citation :
Holà mon doux messire !

Apaisez ces hardeurs ! Si je suis bien une, seule et unique, à vous écrire avec toute l'honnêteté dont je suis capable, je ne puis promettre l'amour sur vélin ! Pour sûr, nos sentiments tels qu'exprimés, semblent s'accorder. Mais un amour tel que je l'entends ne peut naître que d'une connaissance effective de la personne, qui parfois diffère des propos tenus. Ma douce mère - paix à son âme - en fit l'expérience douloureuse.Il faudra que je vous conte cette histoire, un jour, peut être. Mais je vous rejoins sur un point : il est temps d'enfin connaître l'auteur de ces plis. D'autant que les vôtres je l'admets, me laissent rêveuse.

Par certains points malgré tout, vous me laissez dubitative. Vous semblez être homme de responsabilités, et savoir ce qu'est que porter une charge. Comment donc pouvez-vous laisser votre coeur seul guide de vos actions ? J'admets aisément être tentée en certaines occasions d'agir ainsi, mais trop de personnes en subiraient les conséquences, et je me dois pour l'honneur et la quiété de mon entourage, de toujours conserver raison. Que deviendraient mes terres et mes gens, si je partais du jour au lendemain sans personne pour les administrer ? Que penseraient ma soeur cadette, ma jeune filleule, ma protégée si je les laissais seules sans plus me préoccuper d'elles, alors que j'en ai la garde durant la retraite de mon suzerain, pour quelques vélins délicatement ornés ? Que dirait ma marraine, à qui j'ai promis de la soutenir lors de sa campagne électorale puis pour la durée du mandat au moins, si les élections m'y portent, si je faisais faux bond ?

Ici déjà, les choses ont évolué depuis mon dernier pli à votre intention. La trêve semble vouloir se prolonger, et il est désormais certain que je participerai aux prochaines élections comtales, et partagerai mon savoir avec une ou deux enfants poitevines, dont je dois et veux faire parfaire l'éducation. Je n'ai jamais eu d'enfant moi-même, n'ayant jamais été mariée, mais je dois dire que j'affectionne particulièrement ces heures passées auprès des enfants de mon entourage. De quoi occuper mon temps, mais cela me laisse libre de mes mouvements. Où êtes-vous actuellement ? Sera-t-il possible de vous rencontrer en restant malgré tout en France ?

Messire de Liestz, je prierai pour que ce pli vous trouve en grande forme.
Mes voeux de santé, joies et bonheurs innombrables pour cette nouvelle année 1460 accompagneront ce pigeon.

Malone Fortunat de Montbazon-Navailles

Citation :
Ma chère dame,

Que d'avoir mille soupçons infondées et plein de doutes d'une estime inimaginable, je me dois de polir l'image que j'ai des femmes et d'avoir une raison conforme à mon bon sens. Je suis d'avis que l'on se connaisse, bien que sur des sentiers sinueux, je me fais plusieurs images de vous, en esperant vous voir très bientôt, un espoir, cet amour que je nourris au fil des jours et du long chemin que je parcours avec ma petite cousine Hadrianna Lanna, c'est plus qu'une reconnaissance de vous aimer.

La responsabilité est un point que je ne laisse au hasard, même si le destin me donne bien de reflexions que je poursuis malgré tout, car il est de mon devoir de ne pas avoir d'echec sentimental et mon honneur est en perpetuel mise afin d'avoir le dessus sur le hasard. L'estime est un des miens, le hasard me comble et l'amour veut me sourire à pleine dent, il me faut sourire aussi si la vie veut m'être agréable à la moindre occasion.

Depuis que je vous écris, vos lettres m'eventent une grande douceur, celle certainement que je recherche depuis toujours. Mon coeur m'a toujours guider en toute chose, je lui laisse la pleine maturité à suivre mes pas et me dire ce que je dois à un tel moment ou à une autre. La raison me donne la voie et la clameur de mon coeur ne m'abandonne vers la deraison. Pour votre gestion de terre, quand il vous arrive de quitter votre demeure pour un voyage, laissez-en la gestion à un regent, une personne de confiance à laquelle vous ne pourrez nourrir un doute de trahison, j'espère que ce conseil vous servira.

Je suis actuellement en Bourgogne, avec quelques jours de retard malgré tout, il me tarde de vous voir, mon souhait est de rester le plus longtemps en France et peut être trouver une terre d'accueil, afin de minstaller et trouver mon aise en tout, que je puisse participer à la vie politique et sociale, pourrais-je avoir une place dans votre poitou natale?

Ma dame de MontbaZon, recevez mes meilleurs voeux, que votre santé et votre bonheur soit le mien.

Alfred Casaviecchi de Liestz

Citation :

Messire,

Ainsi vous n'êtes pas seul sur les routes, je dois admettre que cela me rassure un peu. Je ne voudrais pas qu'il vous arrive malheur. Mais vous dites votre cousine "petite", est-ce par rapport à sa position dans la famille, ou par rapport à son âge ? Sachez malgré tout qu'une petite en âge n'est pour moi en rien repoussant, et je serai heureuse de la rencontrer si elle vous suit jusqu'à notre rencontre. J'avais jusque il y a peu trois "petites" chez moi, bien que l'une devienne déjà grande, et qu'une autre soit partie récemment rejoindre ses parents. Je crois que j'affectionne particulièrement les heures passées avec des enfants, à leur apprendre tout ce à quoi ils peuvent s'intéresser, et les intéresser chaque fois un peu plus à d'autres choses.

Il m'a semblé lire entre vos lignes, ou peut être même en elles, que vous n'avez pas toujours les femmes en estime particulièrement haute. Cette méfiance envers le genre qui est le mien tient-elle à votre refus de tout échec sentimental ? Vous dites le refuser, cet échec, et pourtant, tous deux actuellement, nous en prenons le risque. Le risque de souffrir, d'être déçus, aujourd'hui, demain, plus tard... Un risque nécessaire à ne pas retomber dans l'aigreur dont il était mention lors des premiers plis, mais un risque malgré tout.

Je ne sais comment mon Poitou vous accueillera, je l'aime comme il est, mais sa rudesse face à l'étranger est parfois repoussante au premier abord, et déplorable. Pour qui sait persévérer, toute cette rudesse est compensée par l'adoption chaleureuse qui suit après quelques mois. Le poitevin aime à savoir qu'il peut avoir confiance en les siens, et cela lui demande du temps. Probablement suis-je comme cela moi aussi : il me faut du temps en voyant la personne réellement, pour achever de m'en faire une opinion et savoir l'aimer. Encore que jusqu'ici, vous semblez n'avoir que des qualités, ce qui est étonnant chez une personne qui ne sort pas tout droit d'un roman pour jeune fille. Voilà une raison de plus pour expliquer cette hâte que je ressens, à l'idée de vous rencontrer prochainement. Si vous êtes déjà en Bourgogne, avez-vous une idée de quand je vous verrai et où ?

Ici, les choses se précisent : dans six jours, et peut être un peu plus, je saurai si je fais ou non partie du prochain conseil comtal. Alors je pourrai vous dire si je peux venir quelques lieues à votre rencontre ou non. D'ici là, il me restera encore probablement de nombreuses heures à passer à regarder par la fenêtre, ou à monter au pigeonnier dix fois dans la journée. Ma cadette rit déjà de moi à ce sujet, mais j'aime son rire.

Dans l'impatience de vous lire à nouveau, et de bientôt vous entendre.

Malone Fortunat de Montbazon-Navailles

Citation :
Dame,

Je me suis toujours dit à chaque jour sa difficulté et chaque homme sa benediction, autant en profiter tant qu'on vit. Aussi que j'ai pris un bateau de fortune en Orléans, maintenant je suis en Touraine. Avez-vous un port au Poitou? Car marcher ne me dis plus rien; Hadrianna est ma petite cousine et se porte très bien, elle a six ans et se trouve actuellement en Bourgogne.

Je suis heureux que vous soyez attentive avec les enfants, je sais que j'ai en moi un môme qui sommeille et vous êtes la seule à le savoir.J'ai toujours garder une distance avec les dames, car elles ont à mon sens des âmes à conserver et à epanouir comme une fleur. C'est certainement que j'ai toujours été positiviste et ait toujours refusé l'echec, même en sa présence, je ne cours pas à l'echec en risquant d'attendrir nos sentiments afin que nous parvenons à nous aimer et encore un peu plus.

Comme la vie est un risque, je decide de vivre au gré de mes erreurs malgré mes raisons et ma volonté à tout parfaire, peut être inspiré par un amour divin je sais et je m'evertue à tout defaire pour que cette vie prenne un elan qui pourrait avoir un effet concluant.

Je commence à aimer la France et suis en direction du Poitou. La guerre ne laisse aucun choix, quand bien même vous parvenez à vivre dans cet atmosphère qui m'asphyxie, car je découvre une nouvelle politique au sein du Royaume de France, elle souffre cette France et interieurement, est-ce une guerre civile et allié? Que savez-vous du Ponant?C'est tout de même passionant de jouer un rôle dans cette combinaison politique de haute envergure, surtout pour les diplomates, sans oublié les Aristocrates au pouvoir.

Je suis satistafit que vous soyez des plus vives et actives de ce Royaume, parvenez à trouver votre place et changez la France à votre façon, le jeu en vaut la chandelle. C'est un peu etrange, j'ai l'impression d'être à vos côtés, comme un vieil adage dit "Loin des yeux, près du coeur"

Ah je viens de lire une carte et je suis à deux jours du Poitou, précisement à Chinon, demain je me trouverais à Saumur et mercredi à Thouars, c'était un merveilleux voyage et je compte vous faire de belles chansons et vous raconter les histoires de l'Empire francophone tant que vous voudrez.

Vous écrivez si bien et me redonnez un nouveau sourire.

Alfred Casaviecchi de Liestz Von Humboldt

Citation :
HRP/ -----


Bonjour,

J'ai vu que vous êtes en quête d'avatar et je me suis permis de vous aider, vu que votre avatar laisse à desirer ( mdr).

Bon v'la le lien.

http://membres.multimania.fr/barpreciosite/images/marquise.jpg

C'est une image à travailler.

A plus

LJD Alfred HRP/ -------

Citation :
HRP /

Laughing
C'était de l'humour j'espère ...
Malone est blonde, c'est fixé depuis le départ : les cheveux de son père et les yeux de sa mère.Des yeux émeraude, comme la majorité des Montbazon.
Elle est mince, ça la désespère vu que les canons de l'époque sont à la rondeur, mais quand on passe ses journées à s'entraîner aux armes pour ne plus se faire poutrer comme lors de ses 14 ans, puis dernièrement pendant la guerre, grossir n'est pas évident.
Elle a d'ailleurs quelques vilaines balafres qu'elle dissimule toujours, j'y prends soin, et j'ai décidé ce que seule sa soeur connait ... pour l'instant ! Wink Il y a donc des invariants dans ses tenues, j'y veille systématiquement.

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MessageSujet: Archives correspondances Malone   Sam 14 Avr - 19:34

Alfred a écrit:
" Poitou- Ponant
9 Avril 1460
"

La plus belle aventure humaine est assurément celle qui s'achève par un drame, la plus belle création à laquelle on avoue intime conviction parle à peu près de vous, elle parle de la déception, de la beauté du drame et de l'ambiance du Deuil. On peut ressortir de la sensation du désir, de la peur de l’échec variant à complaire à chaque oeuvre que nous espérons réaliser, c'est de l'homme dont il s'agit dans la construction des plus grandes oeuvres. On peut vivre des délires, quitte à se connaître pour mieux interpréter. On n'a peur de vivre, on a peur d'être juste, on a peur de se tromper tout une vie, c'est ainsi qu'on apprend à vivre chaque jour à la lueur des méandres de la vie.

Vivre. C'est comme si on était acteur à une représentation de danseuses, on est tout seul;on lit, on vit, on pleure aussi pour tant satisfaire sa passion quant à se plaire derechef, on s'aperçoit au devant de la scène, c'est l'ultime décision, on est captivé par la sonorité de la vie, on s'oubli vite, on oubli aussi. C'est à se moment qu'on devient parfait et c'est aussi à ce moment qu'on peut savoir ce pourquoi on est né...

La vie est jonché de choix, joies, de larmes et des craintes, de la jeunesse doté de force et vives ambitions à la vieillesse pleine de sagesse. On aurait dit un sage qui s'entend parfois, il pleure de sa jeunesse, le rire et le pleur pour une éternité de maladresses. On a l'impression de se connaître, de vivre des joies en choix à la recherche du plaisir ou du mieux vivre, il arrive parfois que notre rêve ne s'avère pas le bon, et trop tard, on est déjà vieux et cela suscite des réactions.

Chaque jour, on s'intoxique d'intolérance et l'on n'ose pas se confesser. Quand on tient une plume, on constate que l'on est pas seul, Ô combien de fois cette vie nous est étrange, quand au fil de notre parcours et des découvertes que l'on y trouve synonyme de notre expérience. L'on intervient quand on a tout appris, l'on se prépare à un évènement que l'on ne vivra qu'une seule fois.



Alfred venait d’aménager dans la Seigneurie, il voulait avoir un aperçu de la vision de sa fiancée sur le jeu de l'amour de son epoque et des moeurs qui y était en cours.

Prit un nécéssaire à écrire.


Citation :
De Alfred Casaviecchi de Saxe-Norbourg, chevalier de mérite de Montesa et des Couronnes hispaniques.
A Malone d'Fortunat, dame d'Isle et noble Française.


Ma chère, ma ravissante inconnue,

Enfin, je m'apprête à faire un pas en avant, mais un grand pas, et qui, s'il ne me conduit pas jusqu'au but, me fera connaître au moins que je suis dans la route, et dissipe la crainte où j'étais de m'être égaré. Je vais enfin déclarer mon amour ; et quoiqu'on ait gardé le silence le plus obstiné, j'ai obtenu la réponse peut-être la moins équivoque mais la plus juste ; celle de mon âme.Un émoi divin, ineffable et délicieux, l'émoi du cœur, l'émoi du printemps ; ce sentiment qui peut faire tourner la tête de l'Homme le plus insensible. Ce même sentiment qui me fit peur et que, lâchement, j'ai fuis. Mais me voici, votre lettre finalement, fit son chemin et atteignît mon âme. Vous êtes, depuis des semaines, ubiquitaire au sein de mes pensées.

Je me surprends à vous imaginer, vous, ainsi que vos milles et unes petites manies qui font de vous une femme merveilleusement attachante. La façon dont le soir, vous enlaceriez une chemise oubliée, porteuse de mon odeur. La délicatesse avec laquelle votre regard embrasserait quelques lettres de moi. Voir, oserais-je le formuler, la douceur de vos gestes alors que vous m'embrasseriez lors de notre rencontre. Je ne vous donne pas, comme aux femmes coquettes de chez nous, ce regard menteur qui séduit quelquefois et nous trompe toujours. Toutefois je vous imagine couvrant le vide d'une phrase par un sourire étudié. Je vous prête cette sagesse du corps et de l'âme qu'ont les grandes femmes de l'histoire.Je vous veux, chère inconnue, j'oserai vous ravir au Dieu même que vous adorez. Par ma paume je souhaiterai voiler toutes vos craintes.. J'eus beau me rappeler mes heureuses témérités, je ne pu me résoudre à les mettre en usage. Pour que je sois vraiment heureux, il fallait que vous vous donniez, mais que je puisse vous recevoir. Ce n'était pas une mince affaire, mais j'y suis près.

Voudriez-vous encore de moi ? Ne vous ai-je pas trop offensé ? Serez vous donc, finalement, cette femme ô combien merveilleuse qui continuera à alimenter mes songes les plus fous ? A quelle autre femme que vous mon audace n'eût-elle de meilleure partenaire ?Je vous rends donc mon épée, mais, je vous en conjure, n'abusez pas de cet empire que vous avez sur moi. Je vous fais, dé ce jour, maîtresse de mon sort. Je ne suis désormais plus qu'un homme qui vous adore ; un homme sur qui vous ne cesserez jamais d'avoir un empire absolu. Vous n'avez plus rien à craindre, que pourriez vous craindre d'un sentiment que vous serez toujours maîtresse de diriger à votre gré ? Seule votre imagination pourrait se créer des monstres, et l'effroi qu'ils vous causeraient, vous l'attribueriez à l'amour. Un peu de confiance et ces fantômes disparaîtraient.

Un sage a dit que pour dissiper ses craintes il suffisait presque toujours d'en approfondir la cause. C'est surtout en amour que cette vérité trouve son application. Aimez, et vos craintes s'évanouiront. A la place des objets qui vous effrayent, vous trouverez un sentiment délicieux, un Amant tendre et soumis ; et tous vos jours, marqués par le bonheur, ne vous laisseront d'autre regret que d'en avoir perdu quelques-uns dans l'indifférence. Moi-même, depuis que, revenu de mes erreurs, je n'existe plus que pour l'amour, je regrette un temps que je croyais avoir passé dans les plaisirs ; et je sens que c'est à vous seule qu'il appartient de me rendre heureux. Je suis à vos genoux, j'y réclame le bonheur que vous m'avez fait miroiter ; je vous crie : écoutez mes prières et voyez mes larmes.


Alfred Casaviecchi de Saxe-Norbourg
Votre fiancé aux délires les plus fous



Poitou,
Le 14 avril 1460.


Il est des courriers auxquels on ne peut tarder à répondre, mais auxquels on ne peut malgré tout répondre à la va-vite. Il est des courriers qui vous touchent, vous laissent en pleine émotion, seule face à une table qui elle en est totalement vide.

Ce courrier, la jeune femme l’avait lu, relu, à en user le vélin porteur de mots si touchants. Puis avait été prise à nouveau par la foule de ses obligations, jusqu’à trouver, en ce samedi, une brève accalmie. De retour chez elle, dans son bureau, elle fit face à l’écritoire comme d’autres font face à l’ennemi.

Citation :

De Malone Fortunat de Montbazon-Navailles, Dame de l’Isle d’Olonne et Capitaine du Poitou
A Alfred Casaviecchi de Saxe-Norbourg, chevalier de mérite de Montesa

Mon cher, et connu, fiancé,

Je vous avais annoncé, il y a de cela maintenant quelques temps, ne pouvoir me lier qu’à un homme dont j’estimerais connaître les penchants et ressorts. Je ne prétendrai pas tout savoir de vous, ni encore moins tout approuver en vous, il vous a par ailleurs été donné de l’apprendre de nombreuses fois à vos dépends, et je gage que cela arrivera à nouveau. Pas plus tard qu’à la fin de cette lecture.

Mais malgré ces écueils, et ces différences que nous nous connaissons désormais, je m’apprête moi aussi à faire un grand pas, un grand pas vers vous, en un lieu Saint. Cela m’effraie à un point que nul ne peut imaginer. Ces mots que nous nous apprêtons à prononcer, devant le Très Haut, ne nous permettront plus de nous en libérer. Pour demain, je n’ai nulle crainte, mais pour après-demain… Je vous sais, sans l’ombre d’un doute, suffisamment obstiné pour ne point trop vite changer et me devenir étranger. Pour preuve, votre obstination à m’aimer, malgré une certaine froideur dans les débuts, a vaincu ces barrières de moralité que j’ai longtemps mises entre moi et tous les hommes. Et pourtant, comment savoir si lors de vos missions, la vision des horreurs de la guerre, et des méfaits des hommes perdus ne finira par vous aigrir ? Comment pourrai-je être sûre d'être chaque soir présente pour d'un geste doux de la main, en effacer la vision en votre esprit, alors que je le sais par avance, la vie d'un chevalier vous mènera toujours plus loin de votre mesnie ?
Je sais par avance, tous ces obstacles, qu'il nous faudra ensemble affronter, et dont il nous faudra protéger notre descendance, afin que jamais ils ne se trouvent déchirés entre père et mère.

Pour sûr, vous m'avez offensée, non par des faits, mais par des mots. Pour sur, vous avez continué les affronts, vous acoquinant avec gens qui voient le Ponant comme un état alors qu'il n'est qu'une Alliance entre diverses provinces et un Etat, la Bretagne. Nombreux ce sont évertués à le répéter ces mois derniers, et je continuerai à le répéter : le Ponant n'est qu'une Alliance Commerciale, qui défend ses fournisseurs de marchandises. Les gens qui vous entourent veulent, par leur projet, créer une ordre de chevalerie propre au Ponant, alors qu'il faudrait pour cela au Ponant une unité au moins héraldique, ce qui est très loin d'être le cas. Et pour leur projet, ils passent pour certains par l'usurpation du titre de Chevalier, qu'il vous faudrait à mon sens protéger. De grâce, preux Chevalier de mon coeur, vous qui connaissez la réalité et les tenants de la Chevalerie, méfiez-vous de cet Ulric aux intentions perfides et aux mérites résidant exclusivement en des liens de parenté. Bon sang ne saurait mentir, mais parfois, une éducation mal menée gâche des sujets prometteurs.

Mon doux, vous m'affirmez me livrer empire absolu sur votre personne, et pourtant j'apprends par autrui bonne part de vos projets. Vous détenez, de votre côté, la place de choix dans la totalité de mes rêves et projets d'avenir, ainsi que mon amour. Comprenez de par ce fait, qu'apprendre ce que vous projetez par la bouche d'autrui me heurte, mais surtout me blesse à chaque fois, car c'est la preuve que déjà, alors que le temps n'a pas encore fait son oeuvre pour nous éloigner, j'en sais bien trop peu sur vos intentions.

Preux Chevalier, Noble Seigneur d'un fief si particulier qu'il réside en mon coeur, séchez ces larmes qui sont indignes de vous, relevez-vous, et dressez-vous à mes côtés, comme je me dresserai à vos côtés, car si vous le voulez également, nous avons une très longue route à parcourir ensemble, qui a pour nom "le restant de nos vies".

Malone Fortunat de Montbazon-Navailles

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